vendredi 26 décembre 2014

Ceci n'est pas un pneu...

Un copain m'a dit, "on peut pas utiliser ça, Michelin, va nous tomber dessus".
Michelin ?
Quel rapport ?
Je le dessine pas bien Ben Grimm ?
Sans déconner : le droit à la critique et à la parodie - ou la caricature, ça existe encore dans ce pays.
Profitons-en avant que les roses nous ramènent les bruns !

samedi 13 décembre 2014

Message à caractère informatif

Hola, les gens, Noël approche, alors je vous conseille plein d'achats intelligents qui réjouiront les cœurs et enchanteront vos maisonnées !


Le très beau premier numéro de la revue Gandahar, pour commencer :


Sommaire :
Éditorial : Jean-Pierre Fontana
Les Volcans : André Woodcock
Etoile et le Dragon Rouge : Christine Brignon
Pyrolepsie : Xavier Portebois
Les hommes en blanc : Léa Silva
Le syndrome islandais : Bruno Pochesci
Dans la chaleur du bain japonais : Cédric Girard
Les filles de Pélé : Feldrik Rivat
Joe Lahar et les mangeurs d'archées : Julie Conseil
La Cendreplaine : Martin Le Folgan
La petite fille au ballon Dominique Lémuri

7 € le numéro + 3,50 € de frais d'envoi
Envoi du chèque avec vos coordonnées chez
Mme Marie-Bernadette BOUILLER
18 rue du Bois-Joli
63170 Pérignat-lès-Sarliève

Quelques semaines plus tard, les éditions L'Ivre Book sortiront une version numérique enrichie de sept nouvelles supplémentaires :
Eider, l'oiseau de feu : Anthony Boulanger
Le dernier titan : Grégory Covin
Feuerbach, la rivière de lave : Nicolas Pages
Mon ami Ragnaros : Jérémy Sirugue
Peuple des glaces : Rémi Sauze
Tamaya : Guillaume Fourtaux
Tiphaine et le bonhomme de lave : Amria Jeanneret
La page facebook de l'association Gandahar : https://www.facebook.com/AssociationGandahar
Le blog : http://associationgandahar.blogspot.fr/
Le courriel : associationgandahar@gmail.com


Mais aussi , petits gâtés, voici le dernier numéro de Galaxie-Mercury :



Sommaire :

Galaxies N°32

  • NOUVELLES
    • Virtuose - Bruno Pochesci
    • Le synchromachintruc - Luce Basseterre
    • DisPerSion - Ronald Sukenick
    • La reine jetée aux chiens (Jézabel) - Daniel Walther
    • Voyage sur les Bords du Monde - Meddy Ligner
    • Le Hollandais volant - Jean-Jacques Olivier
    • Les Escarpins* - Christine Brignon
  • DOSSIER BOUQUET
    • Avant Propos - Jean-Pierre Fontana
    • Un Inconnu illustre - Jean-Pierre Fontana
    • Alouqa ou la comédie des morts - Jean-Louis Bouquet
    • Laurine ou la Clef d'argent - Jean-Louis Bouquet
    • Bibliographie - Jean-Pierre Fontana
    • L'écran du souvenir # 5 : La Cité foudroyée - Jean-Pierre Fontana
  • ARTICLES
    • ART : Retour à Chimeria - Jean-Pierre Fontana
    • Les oubliés de l’imaginaire : La Papesse du Diable - Rémi Maure
    • BD : En vert et contre tout, L'Agence Eurêka. - Franck (Zaïtchick) Jammes
    • Six mois de cinéma F et SF - Jean-Pierre Andrevon
* Bonus réservé aux lecteurs de e-Galaxies

Pour acheter :

 http://www.galaxies-sf.com/achat_numero.php

samedi 6 décembre 2014

Exposition Marvel au Musée des Arts Ludiques (6)



Captain America et les Howling Commandoes
D'après le film, Captain America, The First Avenger.
Dans le comic book, c'est Nick Fury (version "caucasien") qui est à la tête de cette improbable escouade de combattants de la 2e guerre mondiale (l'armée américaine pratiquant la ségrégation raciale, il est impensable qu'un Gabe Jones - ou qu'un Nick Fury version "ultimate" - ait pu être admis au sein d'un groupe de combattants blancs. Tout comme la Easy Company du SGT Rock n'aurait pu former une unité métissée dans l'armée régulière.)
C'est donc Dum Dum Dugan, idéalement incarné par Neal McDonough, qui dirige le commando.

jeudi 27 novembre 2014

Exposition Marvel au Musée des Arts Ludiques (4)

Buste de GROOT dans Les Gardiens de la Galaxie.
Le géant végétal qui ne sait dire que :
"Je s'appelle Groot."
(Avec la voix de Vin Diesel)

Version "Kiki Picasso."

jeudi 20 novembre 2014

Exposition Marvel au Musée des Arts Ludiques (1)

Du 22 mars au 31 août 2014, Art Ludique-Le Musée a proposé la première grande exposition au monde consacrée à l’Art des Super Héros Marvel : présentation de planches, peintures numériques et accessoires des nombreux films consacrés aux personnages de la firme. Je m'y suis rendu avec mon carnet de croquis. Ici, la moto de Captain America dans le film Captain America, the First Avenger. (En réalité, il s'agit d'un véhicule emprunté à Hydra, l'organisation criminelle nazie.)

mardi 11 novembre 2014

Tombés pour la France (suivant la formule consacrée.)

En ce jour de commémoration, mon père m'a fait parvenir ces deux documents, les actes officialisant les décès de deux grands-oncles tués "au champ d'honneur" (le genre de champ qu'on devrait laisser éternellement en jachère car on n'y récolte que des balles.)

Gabriel JAMMES, tué à 23 ans, le 13 juin 1915.


Pierre JAMMES, disparu le 30 mai 1918.
("Disparu", ça veut dire qu'on a pas retrouvé de corps identifiable.)

Un million trois-cent-mille morts pour la France (sans compter les blessés et mutilés), dix millions pour l'ensemble des pays belligérants, et tout cela pour remettre le couvert vingt ans plus tard (car les politiques revanchards de l'époque s'y sont entendus pour saboter la paix) ... Donc, en conclusion : 

(Monument aux morts pacifiste d'Equeurdreville)


L'air de rien, je viens de dépasser les 50 000 vues pour ce blog.



samedi 1 novembre 2014

D'Une Guerre l'Autre.

Bande-dessinée sur un scénario de Jean-Marc Lainé.

Pas dix solutions, une solution : dissolution ! (© Action Française, 1934)

Ce serait quand même formidable qu'après deux ans de gouvernement (et alors qu'ils avaient TOUS les leviers de commande en main en 2012, les Socialistes en viennent à dissoudre l'Assemblée faute de majorité stable !
De quoi rappeler la 4e République... Ah, non, là, c'étaient les gouvernements qui sautaient. 

Avec des bras cassés pareils, tous les désespoirs sont permis.

mercredi 29 octobre 2014

lundi 27 octobre 2014

Bientôt un nouveau logo pour le PS ?

Quitte a assumer le virage libéral, autant y aller à donf'.
Ceci dit, j'ai rien contre l'idée qu'ils abandonnent le nom "socialiste" ou, mieux, qu'ils fondent un nouveau parti clairement à droite... Maintenant qu'ils ont tué la gauche !
Par contre, je ne comprends pas qu'il y ait encore des nigauds pour soutenir ce parti de rien...

Le voilà le vrai visage du Parti Socialiste : un parti bourgeois qui roule pour les bourgeois et roule ses électeurs.

mercredi 22 octobre 2014

Gégé l'éclusier

Et si... On ne nous disait pas tout à propos de la mort tragique de The Big Moustache ?


Concert d'éloges posthumes de l'élite politico-financière pour saluer la mémoire de Christophe de Margerie, patron de Total et descendant de la famille Taittinger, disparu ce mardi dans un accident d'avion à Moscou : l'appareil a heurté au décollage une déneigeuse que conduisait un employé ivre. Le crash a fait plusieurs victimes mais on ne parle que du capitaine d'industrie...

Puis un tweet ravageur de Gérard Filoche déclenche la polémique par son caractère irrespectueux au point qu'au sein de son propre parti, des chiens de garde réclament l’éviction du trublion et que Valls et Cambadélis vont dans leur sens.

En ces temps de réconciliation entre le gouvernement et la finance et de deuil national, il ne fait pas bon de critiquer un des parangons du capitalisme tricolore... Pourtant, il y aurait de quoi : accointances douteuses avec certains régimes dictatoriaux (mais on ne choisit pas ses partenaires), pollution et marées noires (mais il faut bien faire jouer la concurrence dans le transport maritime), fraude fiscale (mais c'est légal, c'est de "l'optimisation"), bref... on ne gagne pas de guerre économique avec de bons sentiments vous répondront les cyniques.

Dans ce cas, permettez qu'on ne se joigne pas aux litanies des pleureuses hypocrites qui exhibent leur estime et leur émotion afin de mieux se placer autour de la table où on redistribuera les cartes. Le destin s'est contenté de rappeler cruellement aux maîtres du monde qu'ils étaient mortels, tout puissants qu'ils soient.

Sinon, le Parti Socialiste ferait mieux de garder Filoche et de virer tous les autres mais c'est sa cuisine...

mercredi 8 octobre 2014

dimanche 5 octobre 2014

Le Voyageur imprudent.

Le Voyageur imprudent est un téléfilm de Pierre Tchernia (1982) tiré du roman éponyme de René Barjavel (paru en 1943 en France occupée).

Le film commence par une narration en voix-off du héros qui consigne l'histoire dans son journal...

Par un soir de 1940, un escadron de l'armée française en déroute fait halte dans un petit village de la banlieue parisienne. Paris est déclarée ville ouverte, les Allemands approchent. Pierre Saint-Menoux (Thierry Lhermitte), simple soldat, mathématicien dans le civil, fait la connaissance du professeur Noël Essaillon (Jean-Marc Thibault), un infirme, et de sa fille Annette (Anne Caudry.) Celui-ci savait qu'il viendrait et l'attendait. Le professeur travaille sur la possibilité de voyager dans le temps et a mis au point des pilules qui permettent le saut temporel 15 mn dans le passé ou dans le futur puis de revenir à son point de départ, et ce sont les travaux de mathématiques de Pierre qui l'ont guidé. En effet, Pierre, descendant d'un prestigieux héros de l'empire napoléonien (mort dans son lit), a tenté de se faire un nom dans le domaine des mathématiques en avançant des théories révolutionnaires qui ne lui ont valu en retour que lazzis et quolibets de la part de ses lecteurs, à l'exception d'un seul, Noël Essaillon. En appliquant ces théories à son domaine de recherche, le professeur a trouvé le moyen de voyager dans le temps. Ils doivent se séparer mais gardent le contact.

Rendu à la vie civile, Pierre rejoint le professeur qui poursuit ses expériences et met au point une combinaison qui lui sert désormais de véhicule temporel. Pierre la teste et réalise qu'il éprouve de l'attirance pour Annette vers qui ses pensées le guident à travers le temps. Le professeur va plus loin : il change le présent en modifiant le cours des événements, annulant ainsi la mort de sa gouvernante... Toutefois, il refuse de modifier son propre passé : en annulant l'accident qui l'a rendu infirme, il annulerait aussi la rencontre avec son épouse et la naissance d'Annette...

Le professeur Essaillon et Pierre Saint-Menoux

Les expériences se poursuivent, Pierre voyage dans le futur jusqu'aux années 80 et filme le Paris de l'époque. Le professeur Essaillon s'émerveille de l'abondance matérielle dont jouissent les Parisiens de l'avenir et de l'avancée de la technologie mais constate tristement que la société du futur n'a pas aboli la guerre. Les deux hommes se transportent plus loin dans l'avenir et découvrent un Paris ravagé par la guerre. Désespéré, le professeur néglige un accroc dans sa combinaison qui lui est fatal. Pierre remonte dans le temps pour annuler la mort du professeur, mais celui-ci va se laisser mourir de désespoir, pensant qu'on n'a pas le droit de reprendre sa mort à Dieu.

Pierre poursuit les recherches avec Annette qui remonte discrètement le temps pour observer son regretté père de son vivant, mais l'argent vient à manquer. Le mathématicien décide de se transporter 50 ans dans le passé pour voler des bijoux et les revendre dans le présent. Le voyageur réalise alors que ses actions ont des répercussions dans le présent : les exploits du Diable Vert (surnom attribué à cause de la couleur de sa combinaison) sont relatés dans la littérature populaire. Pierre les découvre dans un livre qui n'existait pas avant son incursion dans le passé. Il redouble alors d'audace mais se fait attraper. Sa combinaison est déchirée, il reste bloqué dans une époque où il n'est pas encore né.

Pierre enfile la combinaison temporelle qui lui vaudra le surnom de Diable Vert sous le regard du professeur et de sa fille, Annette.

Lors de son audition par le procureur (Jean Bouise), ce dernier presse sur un bouton qui renvoie la combinaison vide dans le présent. Annette, voyant revenir la combinaison, la répare, revêt celle de son père et part dans le passé délivrer Pierre. Le livre racontant les exploits du Diable Vert s'enrichit alors de quelques chapitres sans que les deux amants n'en aient conscience, les modifications sont intégrées à leur propre expérience. Pierre se désespère à cause des visions qu'il a eu de l'avenir, il veut utiliser l'invention d'Essaillon pour bannir la guerre, en commençant par assassiner le futur empereur Bonaparte.

Pierre se transporte donc dans le passé, à l'époque où Bonaparte n'est encore qu'un général et tente de l'abattre sur le champ de bataille. Malheureusement, c'est son propre ancêtre qu'il atteint. Saint-Menoux est transporté d'urgence devant le chirurgien qui sous-estime la gravité de la blessure. Pierre revient dans le présent, épouse Annette et renonce aux voyages temporels. Dans le passé, son aïeul se débat entre la vie et la mort, ce qui altère le présent. Pierre réalise la situation en voyant le portrait de son ancêtre commencer à s'effacer. Il veut revenir dans le passé pour annuler son geste mais Annette a caché la combinaison. Pierre tente de lui expliquer la situation mais c'est trop tard, son grand-père succombe avant de s'être marié, le mathématicien est effacé de la ligne temporelle dans un cri et Annette se réveille, vaguement consciente d'une présence, un soir de 1940. Sur sa table de chevet, le livre contant les exploits du Diable Vert s'efface. Elle retrouve son père, encore dans son bureau à cette heure tardive qui conclut à l'impossibilité du voyage dans le temps, car il lui manque des éléments mathématiques et referme son journal.


  • Le téléfilm est antérieur de trois ans à la trilogie Retour vers le Futur.
  • Le thème du voyage dans le temps est peu exploité à la télévision française, sûrement en raison de l'ampleur des moyens que nécessiterait la reconstitution d'époques historiques différentes... néanmoins un autre téléfilm de cette période, avec Serge Reggiani, exploite cette idée : Le téléphone hanté (1980). Cette fois-ci, le héros entre en contact via un vieux téléphone de campagne avec un officier de la guerre de 14-18 qui croit s'adresser au haut-commandement et qui lui demande quels sont les ordres à suivre.
  • On notera que, depuis 1963, la télévision britannique, nettement plus audacieuse, nourrit son public de voyages et de paradoxes temporels avec la série Doctor Who.
  • L'adaptation est plus « sage » que le roman qui entraîne le lecteur dans un lointain futur où l'humanité a dégénéré (sur le modèle du roman d'H.-G. Wells, La Machine à Explorer le Temps.)
  • Ce récit énonce le « paradoxe du grand-père » : si une personne remonte le temps pour tuer son aïeul avant que son père ne soit conçu, il est à son tour effacé... mais alors il ne peut pas remonter le temps pour tuer son grand-père.
  • Par ailleurs, il interroge le lecteur. A-t-on le droit moral de changer le présent en altérant le passé ? Peut-on voyager dans le temps pour tuer un futur dictateur (ici Napoléon, mais ça pourrait être Hitler) sans se soucier des conséquences ?
  • Le générique mentionne que « toute ressemblance avec une quelconque vérité scientifique ne saurait être le fait que du hasard. » A la télévision française, on reste prudent dans le maniement de la science-fiction et du fantastique.
  • Pierre Tchernia a déjà adapté pour la télévision française des récits à caractère fantastiques d'auteurs français comme Marcel Aymé (Le Passe-Muraille, avec Michel Serrault.)
  • La production exploite au mieux les moyens très limités dont elle dispose, un filtre jaune donne un aspect suranné aux images des voyages dans le passé tandis que les visions du futur apocalyptique sont partiellement floutées (pour masquer les maquettes peu convaincantes qui figurent les bâtiments démolis.) Ironiquement, les images contemporaines de la production du téléfilm, celles du Paris des années 80, sont en noir et blanc.
  • Dans le film réalisé par Pierre, on a la vision d'un Paris encombré par les voitures...
  • On aperçoit brièvement Christine Ockrent, alors reine du 20 heures sur Antenne2, sur un écran de télévision parisien – le téléfilm est produit par Antenne2.
  • Une facétieuse remarque est introduite par Tchernia lorsque Essaillon lit les prix sur les étiquettes et constate qu'ils n'ont pas changé : il en déduit que l'inflation a été maîtrisée et loue la compétence des gouvernements... Les nouveaux Francs (ou « Francs Pinay ») ont été mis en circulation en 1960, ils divisent par cent la valeur de l'ancien franc. Les prix ont donc été multipliés par cent !
  • Autre remarque amusante lorsque Essaillon déclare que les habitations parisiennes ont peu changé avant qu'un plan large ne lui révèle la Tour Montparnasse, seul gratte-ciel parisien intra-muros.
  • Lors de son incursion dans le passé, le Diable Vert dépouille les spectateurs d'un opéra tandis qu'on donne Faust.
  • Michel Serrault, grand ami de Pierre Tchernia, fait une apparition dans le rôle du chef d'orchestre qui réagit lorsqu'il entend les clameurs de la salle épouvantée : « Mesdames et messieurs, s'il vous plait, c'est par ici le spectacle... »
  • Autre clin d’œil facétieux, le Diable Vert serait censé avoir inspiré les exploits de... Fantômas. (Fantômas a été adapté à la télévision française en 1979 par Claude Chabrol et Juan Luis Buñuel.)
Le téléfilm est actuellement visible sur la chaîne You Tube : http://youtu.be/_9oGsf46fVY
(Il s'agit d'un transfert d'enregistrement sur cassette vidéo aussi la définition de l'image n'est pas très bonne.)
La Base de Données de films français avec images lui consacre une page :  http://php88.free.fr/bdff/image_film.php?ID=6512
Les images sont © INA.

jeudi 2 octobre 2014

La tactique du Renard...

Ce qui m'épate, c'est l'aplomb que manifestent certains pour arriver à vous vendre leur salades.
Y a des marchands d'encyclopédies qui ont loupé leur vocation...

dimanche 7 septembre 2014

Najat "valoche" Belkacem ?

Comme dirait Groucho Marx :
"Et qu'est-ce qui nous dit qu'elle sera encore ministre demain ?"

mercredi 3 septembre 2014

Crâne d'œuf.

La technocratie est à la démocratie ce que la musique techno est à la musique.

mardi 26 août 2014

Tonnerre Bleu

Je me suis revu Tonnerre de Feu (Blue Thunder) de John Badham. Souvenir de mes premiers émois cinéphiliques.

Roy Scheider terrorise la ville de Los Angeles à bord d'un hélicoptère ultra-technologique équipé de tous les mouchards, micros et caméras imaginables et suffisamment armé pour tenir tête à des avions de chasse. En fait, le pilote est un héros : il a dérobé cette arme volante avant que d'infâmes comploteurs en fassent usage contre la population et a enregistré une de leurs conversations compromettante grâce à l'équipement de son appareil. Les méchants essaient de le faire abattre par la police puis l'armée de l'air avant que le public ne soit informé. Finalement, il affronte Malcom McDowell en duel aérien.

Le film rappelle les messages des films post-Watergate de la décennie précédente (type Capricorn One ou Les Trois Jours du Condor) où le danger provient d'un gouvernement corrompu et où les hommes déterminés et la vraie presse démocratique peuvent faire la différence. Badham a modifié le scénario de Dan O'Bannon (scénariste d'Alien) qui voulait faire du héros un psychopathe traumatisé par le Vietnam et se référer à 1984 d'Orwell, ce qui aurait donné un film radicalement différent et nettement plus virulent. Mais John Badham n'est pas John Carpenter... L'action se déroule à la veille des Jeux Olympiques de Los Angeles de... 1984.

Reste un film d'action assez classique, dans les canons de l'époque, assez efficace sans révolutionner le genre. Il faut 1h15 de métrage pour présenter les personnages et développer l'intrigue avant le grand morceau de bravoure du film : Frank Murphy, le héros, dérobe le Tonnerre de Feu et affronte les hélicoptères de la police, puis deux chasseurs F14 de l'Air Force avant de se mesurer à sa Némésis qui pilote un hélicoptère de combat comme ceux qu'utilisait l'armée au Vietnam.

Pas d'effets numériques (le film a été réalisé en 1982) hormis les graphismes qui apparaissent sur les écrans des ordinateurs de bord et qui paraissent bien sommaires aujourd'hui. On a eu recours à des maquettes pour les chasseurs, en revanche, des hélicoptères survolent vraiment la cité des anges et les transparences proviennent de prises de vues aériennes. La dernière demi-heure vaut pour ce ballet aérien et ces cascades qui restent une belle performance.

Sinon, Murphy détruit son hélicoptère répressif et les sordides comploteurs qui voulaient provoquer des émeutes raciales afin de justifier l'emploi de l'appareil sont arrêtés. Non mais.

Ci-dessous, une belle photo phallique du gros engin de Frank Murphy (Roy Scheider), en provenance du site Cinémadroïde.


vendredi 11 juillet 2014

Un petit peu d'auto-promo : Galaxies Mercury 29

Un petit peu d'auto-promo :

http://www.galaxies-sf.com/editorial.php?id_revue=33&PHPSESSID=f137861c6dca15fc701bf65eff118e91



Article sur les super-héros inside   (o_-)

vendredi 20 juin 2014

dimanche 15 juin 2014

Sacrifié sur l'Hôtel de la Régionalisation ?

Or donc, nous serons tous en Rhodanie.
A quoi va servir le coûteux Hôtel de Région par René édifié ?
Boite de Nuit ?
Centre de Conférence ?
Pourquoi pas... Lycée ?

samedi 24 mai 2014

Devine qui vient Visiter ce soir ?

Après le Marathon Le Visiteur du Futur sur France 4 la semaine dernière (diffusion des trois premières saisons tandis que la saison 4, Néo-Versailles, coproduite par Ankama et France Télévision, est disponible sur le net) je propose une reprise d'une interview réalisée il y a quelques années et postée sur l'ancien site superpouvoir.com avant le crash.



Jusqu'alors, la télévision française s'est montrée particulièrement frileuse dans le domaine du fantastique et de la science-fiction, surtout si on la compare à son homologue britannique. Il y a eu, certes, dans le passé (lointain) des réalisations honorables, voire intéressantes, mais les chaînes institutionnelles ont depuis préféré privilégier les comédies ternes et les polars familiaux. L'irruption des programmes courts, la banalisation du net et l'apparition de la TNT ont un peu changé la donne. Avec Kaamelot, Alexandre Astier a su fidéliser un public jusqu'alors difficile à atteindre. Le net fournit aux audacieux la possibilité de montrer leurs œuvres. Quant aux chaînes de la TNT, elles sont en quêtes de programmes mais ont peu de moyens...

Le Visiteur du Futur, créé par François Descraques, est donc une websérie, une série initialement conçue pour être diffusée sur le net, qui a ensuite été programmée sur No Life. Le jeune réalisateur et son équipe ont su composer avec le manque de moyens en valorisant l'écriture, le rythme, en allant à l'essentiel et, surtout, en faisant preuve de beaucoup d'enthousiasme.


François Descraques, vous êtes le créateur de la série Le Visiteur du Futur. Pouvez-vous en quelque mots résumer l'argument de la série ?

L'argument de base était de combiner de façon intéressante 2 de mes passions : la comédie (que je trouve souvent trop creuse) et la science-fiction ( que je trouve souvent trop sérieuse).


Qui sont les personnages ?

Au début, nous avons Raph, un jeune homme sans grande ambition qui se retrouve harcelé par un étrange Visiteur venant d'un futur apocalyptique. Puis d'autres personnages arrivent dans les intrigues : le Docteur Henry Castafolte, Judith, Mattéo, Stella etc...

Vous êtes-vous inspiré de la personnalité des acteurs ?

Oui en grande partie ou du moins j'ai essayé d'extrapoler une facette de leur personnalité car Mathieu Poggi (qui interprète Mattéo) n'est ni alcoolique, ni faible d'esprit mais il le joue très bien.  


Sont-ils partie prenante dans leur écriture ?

J'écris tous les épisodes seuls  mais on discute souvent avec les comédiens sur comment eux voient leur personnage. C'est important car je n'ai pas envie de leur imposer quoique ce soit qui ne leur semble pas naturel.


Au départ, les épisodes se présentent comme des sketches indépendants puis peu à peu une trame se dessine et l'histoire prend une cohérence.
Était-ce le but recherché au départ ? 
Les premiers épisodes n'étaient-ils que des ballons d'essais ?

Les trois premiers épisodes étaient basés sur une seule formule mais leur succès m'a fait remettre en question cet automatisme. Je me suis aperçu qu'il valait mieux surprendre le public pour qu'il continue de regarder la série. C'est ce qu'on a fait à partir des épisode 4,5 et 6 et on n'a pas arrêté depuis. Même la saison 2 dans son ensemble est très différente de la saison 1.


Même sous l'angle de l'humour, votre série manipule des thèmes de science-fiction complexes comme les paradoxes temporels, les univers parallèles ou les univers post-apocalyptiques.
Quelles sont vos sources d'inspiration ?

Je suis un grand fan de science-fiction en général. Ma plus grande source d'inspiration est Philip K Dick car il  voyait la SF surtout comme un moyen pour faire des métaphore sur notre monde. Mais j'aime aussi la SF qui fait rêver comme l'anime Cowboy Bebop ou le cycle de romans d'Hypérion. J'ai découvert Doctor Who assez récemment et je trouve ça très bon. Mais pour moi, la meilleure SF anglaise en série TV, c'est RED DWARF. Cette série marche aussi bien en tant que sitcom qu'en tant que pure série de science-fiction.


Pourquoi avoir fait le pari risqué de réaliser une série de science-fiction dans un paysage audiovisuel français aussi hermétique au genre ?

Pour moi, le plus grand intérêt d'une websérie, c'est de faire ce que la télé ne permet pas de faire. La comédie/SF, c'est exactement ce que je ne pourrai pas voir à la télé française et donc, je n'aurai pas de concurrence. Je pense que c'est aussi ça la raison de son succès auprès du public.  

Sur quels supports les premiers épisodes ont-ils été diffusés et quel accueil ont-ils reçus ?

La première saison a été diffusée sur la net avant d'être diffusée sur la chaîne de télé NOLIFE. A la fin de l'année, la saison 1 sera en vente en DVD  un peu partout grâce à Ankama.

La deuxième saison est nettement plus ambitieuse au niveau de l'écriture et des moyens.
Espérez-vous une diffusion plus large ?

Avec la deuxième saison, je voulais vraiment garder le meilleur de l'esprit websérie ( l'originalité, la liberté...) mais enlever ce qui donne une mauvaise réputation aux webséries ( surtout l'aspect technique rudimentaire). Du coup, même si on n'avait pas forcément plus de moyen que la saison 1, on a tout fait pour que la websérie ressemble à une vraie série TV (mais pas française).

Envisagez-vous de décliner la série sur d'autres supports comme la bande dessinée par exemple ? 

C'est en projet oui mais rien n'a été confirmé pour l'instant.


Merci pour tous ces éclaircissements et pour votre disponibilité.

La série.
Le Visiteur du Futur commence comme une comédie de situation (ou sitcom) : Raph (Raphaël Descraques), le jeune héros, reçoit la visite impromptue d'un voyageur (Florent Dorin – un acteur au jeu bergmanien tout en retenue et en non-dit, sauf ici) qui le met en garde contre un geste anodin, lequel aurait des répercussions cataclysmiques sur l'avenir - le fameux effet papillon qui veut qu'un événement mineur puisse déclencher une réaction en chaîne aux effets funestes. L'avertissement ne sera hélas pas entendu.



Si les premiers épisodes obéissent à cette règle répétitive, rapidement, François Descraques casse ce schéma et introduit de nouveaux éléments : Matéo (excellent Mathieu Poggi) et sa supérieure Judith (Justine LePottier, très convaincante dans son rôle de garce cynique et arriviste) de la Brigade Temporelle, le docteur Castafolte (hilarant Slimane-Baptiste Berhoun), un androïde persuadé d'être le modèle original, mais aussi un Visiteur du futur « alternatif », brutal et désabusé... La série évolue vers un récit de science-fiction, enchaînant retournements de situation, paradoxes, sauts temporels vers un monde futur souterrain peuplé de zombies, et brouille les pistes : parfois, on pense au Prisonnier car on n'est plus très sûr de savoir qui est qui et quelles sont ses motivations réelles. La comédie reste une composante importante du show mais elle n'est plus sa dominante tandis qu'on s'achemine vers un climax qui clôt en apothéose la première saison.
La deuxième saison est plus ambitieuse, les épisodes sont plus longs et le ton plus sombre. Ainsi, le présent a été réécrit, la Brigade Temporelle a été effacée, mais le monde du futur reste cauchemardesque. Le Visiteur et Castafolte décident donc de mettre en action un plan destiné à le transformer en agissant ponctuellement dans le présent. Ralph, qui est le seul avec eux à avoir conservé la mémoire des événements, se retrouve associé au projet, ainsi que Matéo et Judith dont la situation future et la personnalité ont changé. Malheureusement, le groupe est menacé par des dissensions internes et par un trio d'adversaires du futur, les Lombardi. Ces derniers redoutent une redéfinition de leur monde qui conduirait à leur effacement...
On peut voir les deux saisons sur le site officiel de la série :
http://www.levisiteurdufutur.com/
Mais aussi regarder d'autres réalisation de F. Descraques et de ses complices :
http://www.frenchnerd.com/



Bon visionnage.

dimanche 4 mai 2014

Objet Littéraire Non Identifié

Les Envahisseurs.
Ces êtres étranges venus d'ailleurs...
David Vincent les a vus...
Maintenant, il doit convaincre un monde incrédule que le cauchemar a déjà commencé...



Les plus de 20 ans – OK, de 30 ans - se souviennent sans doute de cette accroche pour une des séries les plus flippantes de la télévision diffusée et rediffusée dans les années 70 et 80 à la télévision française.

Créée à la fin des années 60 par Larry Cohen, elle narre la lutte solitaire d'un architecte WASP (blanc, anglo-saxon et protestant) joué par Roy Thinnes contre des êtres venus d'ailleurs pour envahir la Terre – en commençant, comme il se doit, par les États-Unis d'Amérique (pays de la démocratie, du libre-marché, de l'initiative privée et de toutes sortes de conneries du même tonneau.)

Mais comment les démasquer ? Ils ont l'apparence humaine malgré de subtiles différences : absence de cœur ou de sang, raideur de l'auriculaire et détestable manie de disparaître dans une lueur rouge lorsqu'ils meurent. En outre, leurs armes simulent la mort naturelle de leurs victimes ou désintègrent la matière, ne laissant aucune trace à part une vague traînée de suie. Ils peuvent aussi radicalement laver l'esprit de tout témoin gênant.

Vincent ne peut donc jamais montrer des preuves tangibles de la présence des Envahisseurs aux autorités et passe à chaque fois pour un fou ou un excentrique avide de publicité. Sauf aux yeux d'une ou deux personnes par épisode qui auront vu les extra-terrestres mais ne seront pas davantage crues, ce qui risque de rendre très longue la diffusion de l'information.

La série reprend la recette du Fugitif : chaque épisode se déroule dans une partie différentes des États-Unis où se sont produits d'étranges phénomènes, incompréhensibles sauf si on les relie aux extra-terrestres. Vincent arrive pour enquêter, se heurte à l'incrédulité des autorités (cf. l'accroche) mais convainc les témoins des manifestations et... les extra-terrestres infiltrés, bien placés pour savoir qu'il dit vrai. Le récit est découpé en quatre parties, précédées d'une scène d'ouverture pré-générique qui montre un événement insolite et dramatique, et suivies d'un épilogue qui voit Vincent repartir après avoir déjoué les plans des Envahisseurs et gagné une ou deux personnes à sa cause (tiens bon David, plus que 250 millions.)

Danger Non Identifié est une novélisation de la série signée Keith Laumer. La traduction est de Jean-Claude Deret. Le roman est paru chez Hachette en 1972 dans la collection Point Rouge. La couverture, curieusement, ne reprend pas le visuel de la série qui a pourtant déjà été diffusée partiellement sur l'ORTF en 1969 (1) : il s'agit d'un dessin aux couleurs vives qui illustre un passage du récit. Les éléments graphiques sont donc, eux-aussi, non identifiables.



Le récit se découpe en trois parties. David Vincent, ingénieur-conseil (et non plus architecte) visite différentes usines d'électronique du pays. Chacune, unité modeste, réalise une commande spécifique : la fabrication en série d'un objet dont le commanditaire a fourni les plans détaillés. Chaque objet est en fait un élément d'une arme portative qui une fois assemblée peut désintégrer la matière. Vincent informe un de ses amis qui contacte le FBI. Mais les Envahisseurs les interceptent alors qu'ils sont en route pour le QG. Les agents sont tués. Vincent est enlevé. Il est détenu au secret dans un poste avancé des Envahisseurs. Il parvient à s'échapper et provoque la destruction de la base. Il décide alors de mener une croisade solitaire contre les envahisseurs.

Elle le mène dans une petite ville, trois mois plus tard, où se tient une conférence de l'ISIS (Institut de Surveillance Interplanétaire des Soucoupes), une concentration d'ufologues (2) illuminés où il rencontre Thrall, un homme qui semble poursuivre le même but que lui. La conférence vire au tragique. Un homme est tué. Vincent croit reconnaître un chef des envahisseurs dans l'assistance mais il lui échappe. Thrall lui propose de venir chez lui pour lui montrer les preuves qu'il a accumulé de la présence des extra-terrestres. Il le conduit dans une grande maison délabrée qui s'avère être un piège : Thrall est un paranoïaque qui le prend pour un Envahisseur. Vincent doit échapper aux chausses-trappes de la maison et aux extra-terrestres qui l'ont traqué et rejoint. La maison est dévastée. 



Puis Vincent se rend à Springfield (!), la ville ou il a fait ses études et rencontre le professeur Skinner (!!) qu'il interroge à propos d'une pluie imminente de météorites au dessus du désert. Il subodore qu'elle puisse servir de camouflage pour l'atterrissage d'un astronef. Il ne convainc pas les autorités militaires, en revanche, un sous-officier, témoin de l'atterrissage d'une capsule extra-terrestre accepte de lui prêter main-forte. Les deux hommes volent un half-track, se rendent sur le site où devrait se poser le vaisseau des Envahisseurs mais l'affaire tourne mal. Le sergent est tué. Vincent tire sur le vaisseau mais ne parvient pas à l'endommager. Il ne doit son salut qu'à l'intervention de blindés lancés à leurs trousses. Le vaisseau est détruit mais l'armée veut classer l'affaire. Vincent repart dans sa croisade solitaire.

En dehors du nom du héros, de la trame (le combat solitaire d'un homme contre des extra-terrestres d'apparence humaine infiltrés sur Terre) et d'une certaine atmosphère paranoïaque, on ne reconnaît pas vraiment l'univers de la série : le visage des Envahisseurs ressemble à un masque lisse, leur yeux sont jaunes, ils ne se désintègrent pas en mourant, ils se régénèrent en reconstituant leurs membres manquant, ils communiquent par sifflement stridents et on les aperçoit sous leur forme initiale (une masse de chair se mouvant à l'aide de tentacules rabougris). Dans la série, on ne les voit jamais ainsi sauf dans deux épisodes : Genèse (saison 1) ou un des extra-terrestre régresse à son état primal – son aspect est tellement repoussant qu'un policier devient fou en l'apercevant – et L'Ennemi (saison 2) où un Envahisseur, survivant au crash de son appareil, commence lui aussi à dégénérer. Un bref instant, on aperçoit son visage dans la pénombre avant qu'il meure dans un état intermédiaire entre l'humain et l'extra-terrestre. (3) Le véritable aspect des extra-terrestres n'est donc jamais dévoilé. D'une part, pour des raisons techniques (4) et budgétaires. Enfin, le roman narre un premier contact entre le héros et les extra-terrestres très différent de celui qui est présenté dans l'ouverture des épisodes (Vincent assiste à l'atterrissage d'une soucoupe volante.)

Le style du roman est sans fioriture même si le vocabulaire est plutôt riche. L'auteur fait avancer l'histoire en enchaînant les péripéties jusqu'au final. Un récit efficace mais sans grande originalité et n'évitant pas d'énoncer quelques banalités : « Quand on voit un gars en uniforme, on se figure qu'il est né avec. Mais en dessous, il y a un civil... » Ce qui surprend, en revanche, c'est la liberté prise avec le cahier des charges (5) : les extra-terrestres diffèrent beaucoup de ceux qui apparaissent dans la série et certains passages introduisent des éléments horrifiques : les corps sont brisés, empalés, lorsqu'ils se régénèrent, de nouveaux membres poussent pour remplacer ceux qui ont été amputés mais parfois la régénération aboutit à la difformité si les blessures sont trop graves... On n'est pas loin de l'horreur organique, dérangeante, telle qu'elle se manifeste à partir des années 70 dans les films de David Cronenberg (Chromosome 3, Scanners, Videodrome, La Mouche...) ou de Larry Cohen (Le Monstre est vivant, Meurtres sous Contrôle) ou même d'Alien de Ridley Scott : le corps humains est altéré et subit d'horribles mutations ou mutilations. Le roman se singularise donc par rapport à la série par sa violence, impossible à montrer à la télévision à l'époque.

Donc la lecture, si elle permet de prolonger le plaisir éprouvé à la vision de la série, nous emmène cependant vers quelque chose d'autre. Tout comme le téléfilm de 1995 lorsqu'il prétend prolonger la série originelle avec un passage de relais de David Vincent à Nolan Wood (Scott Bakula, vedette de la série Code Quantum) mais en montrant des Envahisseurs très différents (6).

Keith Laumer, Danger Non Identifié, Hachette, Paris, 1972

  1. Il faut attendre 1986 pour que TF1, privatisée, diffuse l'intégralité de la série pendant l'été, les épisodes inédits étant doublés dans la journée pour une présentation en fin de programme. C'est le seul aspect positif de la privatisation.
  2. Spécialistes des Objets Volants Non Identifiés. (OVNI)
  3. Dans cet épisode, l'Envahisseur est joué par Richard Anderson, le futur Oscar Goldman des séries L'Homme qui valait trois milliards et Super-Jaimie.
  4. Larry Cohen souhaitait qu'un œil apparaisse par intermittence dans la paume de la main des extra-terrestres mais l'effet était compliqué et peu réussi. On opta pour la raideur de l’auriculaire, moins coûteuse.
  5. Le romancier Thomas Disch signe en 1969 une adaptation de la série Le Prisonnier qui diffère beaucoup de sa version télévisuelle, offrant d'ailleurs une fin différente (et plus cohérente?)
  6. et les montre tout court, ce qui souligne a contrario l'avantage d'en révéler le moins possible sur la véritable apparence des extra-terrestres sous peine de les banaliser. Le Retour des Envahisseurs (1995) de Paul Shapiro lorgne alors sur la série qui a régénéré le genre science-fiction à la télévision, Aux Frontières du Réel (X-Files).