mercredi 28 décembre 2011

Je me la pète again !


Je viens de trouver dans ma boite aux lettres le dernier exemplaire de Lunatique, revue consacrée à l'imaginaire. (Revue que l'on peut se procurer ici.)
A l'intérieur, un article de moi-même sur une adaptation en bande dessinée par Félix Molinari d'un roman de science-fiction de Jean-Gaston Vandel (nom de plume du tandem Jean Libert/Gaston van Denpahuyse qui signait Paul Kenny pour les romans d'espionnage de la série Coplan) : Les Chevaliers de l'Espace.
Bravo au maquettiste qui a fait un gros travail de mise en page de l'article.
Mais aussi une courte nouvelle de moi-même encore, Increvable, précédée d'une très élogieuse présentation de l'auteur par l'excellent Jean-Pierre Fontana, vétéran auvergnat de la cause de l'imaginaire dont le site se trouve ici. 
Jean-Pierre qui m'a quand même donné de précieux conseils pour améliorer la rédaction de la nouvelle.
Chouette cadeau de noël !

vendredi 23 décembre 2011

Minuit moins six.

Enfin !

Je viens de terminer la mise en couleurs d'un projet que j'avais entamé il y a quelques mois : un pastiche des BD de Steranko (période Nick Fury) qui se présente sous la forme d'un dépliant alignant six planches  (soit 126 cm x29,7 cm) et un hommage à Patrick McGoohan, créateur du chef d’œuvre télévisionnaire, Le Prisonnier.
Dans un premier temps, j'avais scanné les crayonnés pour les encrer à part, sur des feuilles Canson mais il me manquait les rebords des dessins qui n'étaient donc plus jointifs. J'ai donc dû réencrer tous les crayonnés originaux (réalisés sur de simples feuilles de photocopieuse), tout rescanner et expérimenter différentes mises en couleurs.
Au final, voilà ce que ça donne :

samedi 17 décembre 2011

Je me la pète !

L'excellent Jean-Marc Lainé, bien connu de nos services pour ses manuels de la bande-dessinée chez  Eyrolles, pour La méthode Largo Winch chez le même éditeur ainsi que pour son essai sur Frank Miller chez les Moutons électriques ou pour Nos Années Strange avec Sébastien Carletti chez Flammarion vient de commettre un nouvel ouvrage indispensable sur mon sujet préféré les super-héros !
paru aux Moutons électriques dans la Bibliothèque des Miroirs.

En grand seigneur qu'il est, gentleman Jim n'oublie pas de remercier les petites mains, les obscurs, les sans grades, les artisans de l'ombre qui ont su contribuer à la genèse de ses ouvrages... Et là, je dois dire qu'il a mis la dose :

La vache ! Non seulement je passe en premier, avant des pointures comme Jay Wicky (entre-autres), mais il y a cinq lignes rien que pour moi !
Non, décidément, c'est officiel : à partir de maintenant et jusqu'à désormais, je me la pète !

Et grave, en plus.

mercredi 7 décembre 2011

vendredi 2 décembre 2011

Fond de tiroir du cosmos...

Rien de bien récent à montrer aussi je ressors un très vieux dessin réalisé d'après modèle (Valérian dans Les héros de l'équinoxe) qui doit dater des années 80 et que j'ai mis en couleurs à la gouache vingt-trente ans plus tard. (Je suis longtemps resté un grand traumatisé de cette technique.)

dimanche 20 novembre 2011

Tirez sur le pianiste !

Prochaine Garde à Vue du Festival du polar de Clermont-Ferrand, Tirez sur le pianiste, un film de  François Truffaut d'après un roman de David Goodis, avec Charles Azenavour.

Emmenez- moaaaa...

mardi 8 novembre 2011

Un peu de brutalité dans un monde de finesse.

Suite de ce projet de strip sur superpouvoir.com
Toute ressemblance avec des super-héros existant ou ayant existé etc.

mardi 1 novembre 2011

Teaser

Deux nouvelles bandes pour cette BD parodique de super-héros que j'espère bientôt présenter sur superpouvoir.com.

Je ne montre que les premières vignettes muettes.

Un clin d’œil à un film récent...

Et un dialogue difficile entre le commandement et la base.

samedi 29 octobre 2011

Working Class super-hero

Dessin pour un concours.
Je me suis amusé à tester quelques trucs à la palette graphique et une nouvelle police que j'ai téléchargée.

mercredi 26 octobre 2011

Another work in progress

Encore un projet de strip pour superpouvoir.com
Ce sera une parodie du genre super-héros.
Des nouvelles bientôt.

mercredi 19 octobre 2011

Le retour de Crunchy

Crunchy (rebaptisé Creunchy) est un personnage ancien que j'ai imaginé en 1990 et qui fit une apparition dans le fanzine clermontois Shogakun.
Chris Malgrain m'avait suggéré de le reprendre et de corriger mes anciennes planches pour le proposer à un éventuel éditeur.
Finalement, Creunchy va reprendre du service à travers un projet de strip.
(Faut juste que je m'habitue à orthographier son nom.)

samedi 15 octobre 2011

Deux de chute !


Sorti chez Flammarion, Nos Années Strange, le livre de Sébastien Carletti et Jean-Marc Lainé nous permet de nous replonger dans le souvenir de nos années d'enfance, celles qui étaient rythmées par la parution mensuel du Journal de l'Araignée .  
On y trouve aussi bien l'évocation des revues Lug (Fantask et Marvel, foudroyées par la censure, Titans, Nova, Spécial Strange...) que celles d'Arédit/Artima, de Sagédition, en passant par Téléjunior mais aussi des gadgets (on ne disait pas encore "goodies") dérivés de nos comics favoris ainsi que des dessins animés, films et séries télévisées...
Tout un pan de la pop culture des années 70-80 revisité grâce aux auteurs.
Et avec une préface d'Alexandre Astier.


Non? Si! n°12, le fanzine réalisé sous l'égide de l'Association Phylactère, vient de paraître sous une superbe couverture de Sandro Salvino (dessin) et Goblin (couleurs), dynamique en diable.
Au menu :
La Salamandre, thriller horrifique dessiné par Michel Salvino (ils sont tous nés avec un crayon dans la main chez les Salvino, où quoi ?) et scénarisé par moi-même d'après un récit de mon copain Laurent Ollier ;
Une journée ordinaire, un récit de super-héros post-apocalyptique par Nicolas Tacconi, Jim' Haï et Isma ;
Les Dangers du Portable, illustré par l'exemple grâce à deux barbares, par Tian et ZigEnfruke
 Steelman : le Visiteur du Futur, suite des aventures de Steelman avec quelques clins d’œil à la fameuse web-série par SteF et l'Androïde ;
A la fin de l'envoi, formidable historiette mettant en scène Cyrano de Bergerac et... Pinocchio ! signée Cédric et Kevin Henry et Sandro Salvino (parfois, le talent va par paires dans les familles) ;
ainsi que des histoires en une planche :  
L'ogre de Jrmy et Sebba, Mon premier Strange, par moi-même, qui nous relie au premier sujet de ce post, Hippote et Stique de F.B. et MariaMaris ;
Et des strips :
Tetdemor de Double Zéro et Bande de Rats de Briareos.
Une nouvelle livraison de qualité d'un fanzine à la finition soignée au contenu riche et varié.

Que demande le Peuple ?

Pour le commander, c'est ici. 
Et y a encore plein de trucs sympa !

vendredi 14 octobre 2011

Un air de steam-punk

Dessin d'après un modèle de scaphandre.
Musée de la marine de Talin (Estonie) - Été 2011

mardi 11 octobre 2011

Spidey !!!!


Regardez comme il est beau !
Le nouveau mag consacré à Spidey par le sieur Phil Cordier !
De quoi fêter dignement les 50 ans du Tisseur de toiles.
On peut le commander ici
Au menu, plein de dessins de Ditko, Romita Sr et Jr, et du p'tit nouveau Marcos Martin.
Et une présentation strangesque comme dans notre enfance (avec le dos jaune !)
Et aussi des dessins-hommages de nombreux dessinateurs pro ou amateurs (dont votre serviteur).
A notre l'interprétation très personnelle de Laurent Lefeuvre qui paraît sortie d'un EC Comic !
Nuff said, excelsior et toutes ces sortes de choses.

jeudi 6 octobre 2011

L'anonyme le plus célèbre du monde


Hommage à Patrick McGoohan, réalisé à l'occasion de sa mort. Le mythique N°6 nous à quitté le 13 janvier 2009, emportant les clefs de sa série-culte, Le Prisonnier, dans le tombeau. Reste un chef d’œuvre télévisionnaire mais aussi une riche carrière d'acteur à la télévision (Destination Danger, L’Épouvantail, diverses apparitions dans Columbo...) comme au cinéma (Train d'enfer, Destination Zébra, station polaire, Transamérica Express, Scanners...) et de réalisateur (il passait à l'occasion derrière la caméra.)
Le N°6 arrive donc au paradis où l'attend Saint-Pierre, incarné par Léo McKern, le seul N°2 à être revenu trois fois dans la série. Il fut par ailleurs Compagnon dans l'épisode La Machine Infernale de la série Cosmos 1999.
Après un échange vif, le N°6 entre au paradis... Dont les grilles s’ouvrent automatiquement !

lundi 3 octobre 2011

Work in progress

Extrait d'une planche de BD pour un projet de strips régulier.
Affaire en cours.
Plus d'infos bientôt.

mardi 27 septembre 2011

Effet miroir



Une illustration assez ancienne, construite sur le modèle des cartes à jouer.

vendredi 23 septembre 2011

Priscillia, folle de l'espace

L'excellent Terence Stamp a interprété le sénateur Valorum dans la prélogie de G. Lucas mais aussi le général Zod quelques vingt ans plus tôt dans Superman II... 
Il a également joué dans Tiré à part de Bernard Rapp.

dimanche 18 septembre 2011

jeudi 15 septembre 2011

Attack of the morbaks !!!

Ou les mésaventures de Nikolavitch, vendeur occasionnel de mangas à la Japan Expo. ^^

mercredi 14 septembre 2011

La Brigade des Maléfices - La créature.

Regarde les hommes tomber...

Dans un appartement, un homme annonce à sa secrétaire son intention de se suicider. Il sort et celle-ci, complètement indifférente, passe l'aspirateur puis décommande ses rendez-vous. On retrouve le corps du suicidé au pied de la Maison de la Radio. Diablegris (Pierre Brasseur) a assisté au drame. Il téléphone à la secrétaire pour lui annoncer que tout est fini et qu'elle peut "reprendre son état normal".

Une épidémie de suicides frappe la capitale. Des hommes jeunes et apparemment plein d'avenir se suppriment sans raison apparente. Personnellement affecté, le principal  confie l'affaire à Paumier. Celui-ci charge Albert d'enquêter sur place. Dans l'appartement de la dernière victime, il assiste à une scène singulière : Diablegris vient "récupérer" la secrétaire qui se "dégonfle" sous ses yeux. Paumier envoie Albert surveiller la nouvelle entreprise de Diablegris, MFSTO, en apparence un magasin d'électroménager ordinaire mais qui propose des options tout à fait inhabituelles, comme une ménagère parfaite, physiquement attrayante, obéissante, compétente... et totalement dépourvue d'émotion. Elle est livrée à l'essai pour une semaine à de jeunes célibataires qui finissent par tomber sous le charme de leur insensible compagne et se suicider de désespoir. Paumier doit trouver rapidement un moyen de briser le cycle car Diablegris a déjà trouvé une nouvelle victime, Eugène Laurentin (Claude Brasseur.)

  © INA
L'inspecteur Paumier en compagnie de son mainate (et confident ?)

La Maison de la Radio où se produisent les suicides programmés par Diablegris a été inaugurée en 1963. C'était donc un bâtiment récent et un symbole de modernité à l'époque du tournage de la série (et sûrement d'accès plus pratique pour une équipe de tournage.)

Le père (Pierre Brasseur) et le fils (Claude Brasseur) sont réunis dans cet épisode. Le second est encore un jeune acteur qui tient la même année (1971) le rôle principal des Nouvelles Aventures de Vidocq, succédant à Bernard Noël dans le rôle titre.

Dans cet épisode, le diable est un marchand d'aspirateurs. Il y a d'ailleurs une correspondance entre le pacte qu'il propose aux mortels et la pratique, nouvelle à l'époque, de la vente à crédit lorsque le client doit signer une série de traites qui l'engagent auprès du vendeur (une opération pratiquement dématérialisée aujourd'hui.) Une pique sous-jacente contre la société de consommation

Diablegris utilise le téléphone pour commettre ses crimes.  Le téléphone privé est alors encore réservé à une élite. Peu de foyers sont équipés. Il ne se banalise qu'à partir du milieu des années 70 et fonctionne encore avec des jetons dans les lieux publics. Le diable fait donc montre de modernité.

samedi 10 septembre 2011

Suprême Starwars extravaganza modifié.

On me dit que la planche n'est pas lisible (j'ai forcé sur les pixels) aussi, voici une nouvelle version.

J'espère que ça fonctionne mieux.

dimanche 4 septembre 2011

Suprême Starwars extravaganza

Alex Nikolavitch et moi-même avons commis un certain nombre de strips parodiant l’œuvre du petit George L. de Modesto-mais-pas-génialo (Californie) sur le site superpouvoir.com...
Et on a même pas honte.


Enfin, si, moi, un peu.
C'est lui qui m'a forcé, m'sieur !

jeudi 1 septembre 2011

Fausse pub.

Pardon aux familles et tout ça, comme dirait le CDT Sylvestre...

jeudi 25 août 2011

The Pleurnicheur

The Punisher de Marvel est un tueur impitoyable.
The Pleurnicheur est une fiote... 
Encore que...

lundi 22 août 2011

samedi 20 août 2011

Ce blog a un an.

© Morris & Goscinny

Ce blog a un an.
En fait, il a été ouvert le 16 août, mais comme j'ai véritablement commencé à poster le 30...
Bref, 5854 visites à ce jour (bon, même si Boulet en fait autant en une journée), dix membres (que je salue) et 120 messages, je trouve ça pas si mal.
Donc, champagne (virtuel) pour tous le monde.
Et merci de votre assiduité.

jeudi 18 août 2011

Vous voulez de mes nouvelles ?

Nouvelle produite pour le concours "Mots passants" 2010.
Sujet : "Aux frais de la Princesse".
Retoqué par le jury de pré-sélection qui préférait éviter les sujets trop "politiques".
Ou qui a peut-être pris certains passages au premier degré ?
Bien entendu, toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé...


NOBLESSE OBLIGE.

Nicolas ne payait jamais rien de sa poche. Il n'avait d'ailleurs jamais rien payé de sa poche. Plus qu'un principe, c'était une règle de vie. Issu d'une famille de vieille noblesse balkanique, déjà ruinée au moment de la guerre et de l'invasion rouge qui l'avait suivie, il devait sa survie à la stricte observance de cette règle : ne jamais rien payer... En tout cas, pas lorsqu'un autre pouvait le faire à sa place. Il vivait donc souvent « aux frais de la princesse » comme on dit. Il s'y était toujours tenu, et ça ne lui avait pas si mal réussi, il fallait bien l'admettre.

En revanche, il n'était pas économe de sa personne. Toujours présent, toujours disponible... pour ceux qui pouvaient servir ses ambitions. Sa diligence, son caractère entreprenant avaient sus le faire apprécier dans les milieux qui comptent. Son charme slave et son bagout avaient fait le reste. Et du bagout, il en possédait. A foison. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'il s'était dirigé vers le métier d'avocat. Non pas avocat au pénal : avocat d'affaires. Plus discret, moins gratifiant, mais ô combien plus rémunérateur. Et plus enrichissant. En contacts humains. En amitiés. Des amitiés qui pouvaient devenir d'utiles soutiens. Nicolas avait ainsi constitué son réseau.

Parmi les relations qui comptaient – et Nicolas savait compter – il y avait Le Vieux. Le Vieux. Ça, c'était un personnage ! Sa faconde. Son air faussement bonasse qui savait si bien envelopper sa rouerie. Un briscard de la première heure, Le Vieux. Assurément pas le singe à qui on aurait appris à faire des grimaces. Pas depuis le temps qu'il bourlinguait dans la politique. Il avait quand même connu deux républiques, Le Vieux, et des gouvernements à la pelle, et même accepté quelques maroquins à l'occasion... Et toujours là. Dans sa petite mairie cossue. Tout du moins jusqu'à ce que Nicolas l'en déloge.

Le Vieux était complètement tombé sous le charme de Nicolas. Il l'avait pris sous son aile. Son aile de vieux singe. Et il avait entrepris de le dégrossir. C'est parfois dur de se faire accepter dans certains milieux lorsqu'on n'est pas du sérail, lorsqu'on a pas fait les mêmes écoles... Le Vieux lui avait mis le pied à l'étrier, il l'avait adoubé, et Nicolas s'était fait son trou au sein du Parti. Toujours protégé par Le Vieux. Toujours dans son ombre. Une ombre qui finit par devenir pesante pour un jeune homme très ambitieux...

En Rastignac prudent, Nicolas avait compris qu'il ne conquerrait pas Paris en un seul coup. Il s'attaqua donc d'abord à la banlieue. Pas la banlieue à casquette, bétonnée et prolétarisée, non, celle-ci n'avait que peu d'intérêt... Plutôt la banlieue chic. Cossue. Question de standing. Celle-là même où Le Vieux était implanté. Nicolas avait déjà un pied dans la place, il lui suffisait juste d'attendre son heure. Et l'occasion se présenta. Une mise en examen du Vieux par un jeune juge pointilleux l'empêcha de briguer un nouveau mandat à la mairie. Le prête-nom qu'il avait choisi, délibérément terne, fut éclipsé par l'aura solaire de Nicolas qui posa sa candidature et battit campagne tambour battant, avec une redoutable efficacité, séduisant les rombières à caniches emperlousées, les débutantes sentimentales, et les héritières romantiques avec une égale décontraction. Dans ce fief acquis au Vieux depuis des lustres, il passa pour son brillant Dauphin, et les résultats de l'élection consacrèrent un succès sans surprise. Nicolas fut intronisé hors la présence de son mentor, devenu caduque désormais. Le singe était tombé de l'arbre. Difficile de savoir ce que celui-ci ressentit. Une chose paraissait cependant peu contestable, c'est qu'il avait forcément dû reconnaître que son disciple avait bien appris. Il dut certainement admettre en son for intérieur que c'était « bien joué » et avait probablement ponctué sa remarque d'un « Peuchère » très provençal. Nicolas avait donc gravi la première marche de son irrésistible ascension vers le succès.

Dans sa bonne mairie, Nicolas était comme un seigneur en son fief, autorité bienveillante et attentive aux doléances de sa généreuse clientèle électorale. Il côtoyait les capitaines d'industries, les gros actionnaires, les ci-devants prestigieusement titrés et richissimes, les vedettes du C.A.C. 40, des médias et du showbiz, qui avaient élu résidence en sa commune et auxquels il rendait de menus services à l'occasion. Il menait grand train et mangeait rarement chez lui les dimanches, dînant aux frais de ses contribuables ou de ses contributeurs. Il se régalait aussi à célébrer de gros mariages sponsorisés au terme desquels il embrassait la mariée tandis que le marié lorgnait déjà sur la dame d'honneur et que l'avocat de la mariée évaluait quant à lui ce qu'allait rapporter le divorce...

C'est lors d'une de ces cérémonies que Nicolas rencontra sa première épouse : le Gros, le futur cocu, un présentateur vedette de la télé, avait tenu à ce que ce soit Nicolas en personne qui célèbre son union avec la Première. Autant dire qu'il avait lui même tressé la corde pour se pendre. Sûrement pas la corde au cou qu'il escomptait mais tant pis. Le mariage fut célébré. Le divorce consommé. Le tout à ses frais. La Première épousa ensuite Nicolas qui s'empressa de lui faire deux rejetons. La descendance était ainsi assurée et l'héritage pourrait être transmis. C'étaient deux garçons, ainsi, le nom ne se perdrait pas.

Désormais, au sein de la Grande Famille du Parti, Nicolas s'était fait un nom. Il était le tombeur du Vieux – et de ses dames. Bien sûr, il n'était toujours pas du sérail et les apparatchiks le lui faisaient sentir. Les pires n'étant pas les énarques issus des bonnes familles mais bien les autres, les jeunes loups de sa génération, d'extraction modeste comme lui. L'Arménien par exemple. Sur bien des points ils se ressemblaient, Nicolas et lui. Lui non plus ne s'empressait pas de sortir son portefeuille pour payer le café, attendant qu'un plus rapide se propose pour régler l'addition. Et ça ne manquait jamais. Faut dire, les Arméniens, ils ont ça dans le sang : ils achètent aux Turcs pour revendre aux Russes et ils arrivent quand même à faire du bénéfice ! Et à peine ils ont perdu leur accent métèque qu'ils donnent des leçons de patriotisme à tout le monde. Et ça vit sans vergogne aux crochets des autres, « aux frais de la princesse » ! Voici un triste échantillon des pensées peu charitables que pouvait nourrir Nicolas vis à vis de ses rivaux. Même si on se répétait que le Parti était une grande famille, ça n'empêchait ni les jalousies, ni ressentiments, ni les règlements de compte... Après tout, les Atrides aussi, c'était une grande famille.

Au sein de la famille, Nicolas s'était trouvé un nouveau parrain en la personne du Goitreux. Un Turc. Une alliance de revers contre-nature, mais Nicolas était prêt à faire une entorse à la tradition anté-murale pour faciliter son ascension. Mal lui en prit : le pur sang persan sur lequel il avait misé s'avéra être un bourrin de dernière bourre ! Et Le Grand Chef du Parti, contre lequel Le Goitreux avait tenté un putsch malheureux, lui en tint rancune. Le Goitreux avait entraîné Nicolas dans son sillage et dans sa tentative de putsch, il l'entraîna dans sa disgrâce. Pour une fois, Nicolas partageait l'addition. Et ce n'était pas à son goût.

Il dut ramer, et ramer beaucoup, pour se faire pardonner et revenir en grâce. Une grâce accordée du bout des lèvres. Mais Nicolas sut se refaire une santé et asseoir sa popularité parmi les militants. Il s'exprimait bien, il passait bien à la télé, il allait au contact, et ça plaisait. La preuve. Ils lui payaient tous le coup. Si bien que lorsque le Dauphin du Grand Chef du Parti se prit les pieds dans le tapis, et dans une réforme qu'il avait voulu défendre vent debout avant que la bourrasque ne l'emporte, il ne resta plus que Nicolas comme alternative évidente. Au grand dam du Grand Chef du Parti.

Vint le Grand Soir qui consacra son succès. Sa Victoire ! Nicolas avait su en effet aussi bien triompher de ses adversaires à l'intérieur du Parti qu'à l'extérieur. Il n'avait fait qu'une bouchée de la dinde qui s'interposait entre lui et la Fonction Suprême, et il avait encore de l'appétit. Pas au point cependant de descendre partager les moules-frittes en compagnie des militants, chauffés à blanc par les goualantes de quelques has been de la chanson ralliés à lui parce qu'il leur avait épargné un contrôle fiscal. Non, c'était dans un restaurant réputé et huppé qu'il fut invité à célébrer sa victoire en compagnie du gratin. La Première l'y accompagna en traînant les pieds. Ce n'était déjà plus ça entre-eux. Nicolas rencontra alors sa Princesse.

Elle était la fille cadette d'une famille régnante de principauté de carte postale. Le genre de petit paradis glamour et fiscal dont les têtes couronnées fascinent la presse pipole et Stéphane Bern. De nature rebelle, la jeune demoiselle avait tenté de briser son image de poupée en crinoline en se lançant dans la chanson puis dans la mode, avant de se replier prudemment sur ses fondamentaux devant la débâcle artistique et financière. Durant tout le repas, elle ne décrocha pas Nicolas du regard. Lui, conscient de ses effets, laissait le charme opérer, séduisant l'assemblée par ses bons mots et ses brillants discours émaillés de remarques perfides envers ses ennemis. Les convives étaient sous le charme de ce Tony Blair à la française, conjuguant l'éloquence, la décontraction et l'absence de complexe. Tous les convives, sauf la Première.

Elle lui fit sa grande scène en privé. C'était la rupture. Nicolas se consola comme il put... Dans les bras de la Princesse. Une liaison aussi torride que discrète. Il exposait sa vie privée pour la galerie, sur les yachts des copains, mais il veillait en même temps à l'embargo sur sa vie secrète. Quelques patrons de presse – qui n'étaient pas de ses amis - furent rapidement découragés de trop gratter le verni. Des photos, ils en auraient à foison sur les sujets que Nicolas choisirait.

Quelque temps plus tard, le divorce fut prononcé. La Première partie, la Princesse espérait son tour. Elle l'espéra en vain. Nicolas jeta son dévolu sur une autre chanteuse aphone. Elle l'apprit – ô ignominie – en même temps que la roture, dans la presse, lors d'un scoop fabriqué dans un parc d'attractions terriblement vulgaire. Là, au milieu des princesses et châteaux de carton-pâte, Nicolas, jouant la surprise, feignit d'être pris en flagrant délit de délassement en compagnie de sa future promise. La pilule était dure à avaler. Et la Princesse en conçut un dépit souverain.

Le dîner d'Adieu tourna à l'aigre. Nicolas avait pourtant mis les petits plats dans les grands, tapant abondamment dans la caisse réservée aux frais de représentation. Rien n'y fit, ni les fleurs, ni les coûteux présents, ni le somptueux repas, ni les vins fins ne surent éteindre le sentiment d'avoir été bafouée. Nicolas se fit une raison, la Princesse ne lui pardonnerait pas. N'importe. Leur liaison était terminée et il lui recommanda fermement la discrétion. Son intérêt à elle aussi était d'éviter le scandale. Après tout, les ponts de la capitale étaient très gourmands en vie de princesses...

Cette menace voilée sembla porter ses fruits. Nicolas n'eut plus d'autres échos de la Princesse que par la presse de caniveau qui s'attachait aux pas des vedettes... Et il avait bien d'autres chats à fouetter, payant généreusement de sa personne et multipliant les apparitions publiques aussi bien dans les médias que sur le terrain. L'abondance promise au Peuple n'était pas au rendez-vous, et le train de vie dispendieux dont il faisait preuve, lui et les gens de son milieu, souvent avec l'argent du contribuable, passait mal. Son charme opérait moins. Seule solution, une communication efficace. Il était partout, là où on souffrait. Enfin, juste à côté. Derrière un cordon du service d'ordre. Le contact direct ne lui réussissait plus aussi bien qu'avant. Mais il avait toujours sa rhétorique, son talent d'orateur, ses discours enflammés qui lui permettaient de s'en tirer sans trop de casse. Sauf une fois.

Pendant un de ses discours justement. Son attention fut alertée par la tache. Une petite tache rouge, sur son revers, comme un point lumineux. Il était debout à la tribune et vit la tache apparaître, et se promener le long de son col, puis sur sa poitrine, vers son cœur. Avant de fleurir. Comme une rose écarlate. Avec des pétales sanglants. Il s'effondra.
Foudroyé.

La Princesse bafouée s'était mise en frais. Noblesse oblige : pour faire payer l'indignité que le parvenu lui avait fait subir, elle n'avait pas regardé à la dépense. Les services des professionnels sont très coûteux. Celui-là n'avait pas usurpé sa réputation. Il faisait mouche à chaque coup. Quel que soit le dispositif de sécurité.

Nicolas était mort comme il avait vécu. Aux frais de la Princesse.

lundi 15 août 2011

La Brigade des Maléfices - Voir Vénus et mourir.

Le commissaire Muselier traque l'escroc Adonis Kergueyan (Philippe Clay) mais sa tâche est compliquée par le charisme du criminel : les victimes ne lui en veulent même pas d'avoir abusé d'elles !

Une fuite de baignoire providentielle et une rencontre inopinée avec un jeune plombier féru d'astronomie va lancer Kergueyan dans une nouvelle opération : il va profiter de l'engouement provoqué par le premier vol habité vers Vénus pour monter la première agence de voyage vers la planète !

L'escroquerie, pourtant énorme, fonctionne et les naïfs viennent réserver des places pour les prochains vols. Toute cette agitation irrite les Vénusiens qui envoient une émissaire sur Terre, Vénusine (Annie Duperey). Avec l'aide de Paumier, elle va confondre l'escroc.

Très sympathique épisode même si on ne tourne plus ainsi aujourd'hui (l'épisode débute par un long passage dialogué entre Muselier et une victime de Kergueyan, une veuve, qui surjoue. On est plus proche du théâtre filmé que de la télévision.) Le titre détourne l'expression "voir Venise et mourir" (en en  conservant l'allitération), elle-même un détournement de la phrase "voir Naples et mourir". Philippe Clay use de son talent pour incarner un escroc pittoresque, Annie Duperrey joue une vénusienne toute en charme et candeur (elle est d'ailleurs blonde comme la Vénus de Botticelli) et on apprend que les visites des Vénusiens sur Terre sont une chose courante : ils peuvent en effet se transporter dans n'importe quel endroit à condition qu'il y ait de l'eau. Paumier connaît leur existence et sous-entend que des peintres comme Sandro Botticelli ont été en contact avec eux/elles. Les auteurs démontrent une nouvelle fois que l'on peut réaliser une bonne histoire fantastique avec peu de moyens, en utilisant l'imagination et la poésie.

La Vénus de Botticelli dont une reproduction figure dans l'épisode comme preuve de la visite des Vénusiens sur Terre.

dimanche 14 août 2011

dimanche 17 juillet 2011

Le jour où la colorisation informatique s'arrêta...

Voici deux versions colorisées d'une même planche hâtivement gribouillée, clin d’œil au film Le Jour où la Terre s'arrêta (1951) de Robert Wise.

Ici en utilisant le filtre pixellisation/demi-teinte

Là avec le filtre pixellisation/pointillisme.

samedi 16 juillet 2011

Les nouvelles aventures de la colorisation informatique.

© DC Comics

Fin de la BD sur Tom Strong, d'après un scénario de M. Artemus Dada que le monde entier nous envie mais qu'on ne lui laissera pas.

La BD dans son intégralitéici.

jeudi 14 juillet 2011

La Brigade des Maléfices - 1

Diffusée pour la première fois en 1971, La Brigade des Maléfices est une des rares incursions réussies de la télévision française dans le domaine du fantastique réuni au policier .

© INA 1975

Dès les premières images, on assiste à l'arrivée d'un singulier équipage au 36 Quai des Orfèvres, il s'agit du commissaire Guillaume-Martin Paumier (Léo Campion) et de son assistant Albert (Marc Lamole), seuls membres d'un service non officiel de la préfecture de police de Paris, La Brigade des Maléfices, situé sous les combles, et dont le local ressemble d'avantage à une caverne d'Ali Baba encombrée d'alambiques aux cornues ventrues et de bibelots exotiques qu'à un bureau.
Albert, en tenue d'aviateur de l'époque héroïque pilote le sidecar dans lequel se déplace Paumier, portant chapeau noir et écharpe rouge à la Bruant.

Bruant par Toulouse Lautrec.

Paumier est à la fois un cousin du colonel March de Scotland Yard (du service des affaires classées !) et un parent de l'enquêteur Fox Mulder des X-Files (Aux Frontières du réel).

 © Fountain Productions - ITV.
Le colonel March interprété par Boris Karloff dans une série télévisée britannique

C'est à l'enquêteur Paumier qu'échoit la mission de débrouiller les affaires les plus étranges, celles dans lesquelles les méthodes d'investigations traditionnelles s'avèrent inefficaces. Il dépend du commissaire principal (Jacques François) qui, bien que dépassé par le mode opératoire de son subalterne, lui accorde néanmoins sa confiance, au grand dam du commissaire Muselier (J.-C. Balard), un technocrate féru des méthodes scientifiques et rationnelles.

La Brigade est née de l'imagination Claude Guillemot et de Claude-Jean Philippe, et mêle habilement l'intrigue policière, le merveilleux, la poésie et l'humour. Un cocktail tellement inhabituel que les Muselier en charge de la programmation reléguèrent le feuilleton à des horaires estivaux bouche-trous.

 © INA 1975

Paumier est idéalement incarné par Léo Campion qui lui prête sa physionomie bonhomme et son œil pétillant de malice.

1er épisode : Les disparus de Rambouillet.
Les disparitions se multiplient près de la Mare aux fées, dans la forêt de Rambouillet. Les disparus ont en commun d'être des hommes jeunes, d'un physique agréable bien qu'anodin, et menant une vie rangée. Un seul témoin, le braconnier Garou, qui prétend qu'ils ont été enlevés par les fées. Muselier, chargé de l'affaire n'en crois pas un mot, songeant plutôt à une affaire de mœurs... Mais il piétine en dépit des moyens mis en œuvre : mobilisation d'un effectif important de policiers, fouille méthodique, recoupement d'informations, profilage des victimes par ordinateur, appât... Les méthodes rationnelles échouant, Paumier est alors sollicité. Il s'intéresse à un photographe qui fréquente les lieux, Jacques Lancelot, en qui il voit une victime potentielle. A son domicile, le photographe a la surprise de découvrir sur ses clichés de la Mare aux fées la présence d'une jeune femme brune qu'il n'avait pas remarquée. Il décide de partir filmer les alentours de la Mare. La jeune femme réapparaît alors sur les images...

Ce premier épisode met en place les éléments récurrents du feuilleton : irruption du fantastique dans le quotidien, protagonistes ordinaires confrontés au surnaturel, échec des méthodes de police classiques, rivalité Muselier/Paumier, extravagance de ce dernier... Les manifestations de la fée Rosalinde sont habilement amenées et plastiquement réussies (notamment ses apparitions dans un film sépia où elle est nimbée de lumière)... Finalement, la conclusion de l''intrigue est heureuse et l'ordre rationnel est rétabli... en apparence car le fantastique est présent au quotidien, même s'il est invisible aux esprits fermés comme Muselier....

Episode 2 : La septième chaîne.
Un jeune homme vient d'assassiner son épouse qu'il accuse de l'avoir trompé avec un acteur... qu'elle n'a jamais rencontré ! Ce dernier joue dans un feuilleton uniquement diffusé sur la septième chaîne ! (1) Paumier juge la situation grave car ce n'est pas la première fois qu'un tel cas se produit. Il décide d'enquêter sur cette chaîne mystérieuse et remonte jusqu'à un magasin de télévisions, Belzébor, tenu par un certain Diablegris (Pierre Brasseur). Celui-ci offre des conditions particulièrement avantageuses aux jeunes couples désirant acheter ou louer un poste de télévision et leur permet de suivre les programmes expérimentaux de la septième chaîne. Il s'agit d'une dramatique, filmée en direct, mettant en scène un jeune couple. Les téléspectateurs s'identifient aux personnages et leurs disputes influencent leur comportement jusqu'à la conclusion... fatale.

 © INA 1975
Pierre Brasseur dans le rôle du Diable.

(1) En 1971, la télévision est un monopole d’État et l'O.R.T.F. ne compte alors que deux chaînes (dont la première est en noir et blanc.) Paumier rappelle que le chiffre sept a des implications magiques.

Paumier rencontre sa Némésis, son Olrik, ni plus ni moins que le diable en personne ! Pierre Brasseur joue de son physique faussement paternel pour rendre Diablegris inquiétant et retors. Cet acteur, père de Claude Brasseur, incarna à l'écran le chirurgien fou du classique de Georges Franju, Les Yeux sans Visage. Albert seconde Paumier en se rendant sur le terrain tandis que son chef supervise les opérations depuis le Quai des Orfèvres. (On songe à L'Homme à l'Orchidée.) En véritable Fregoli, il change d'apparence selon les besoins de son enquête. Muselier doit sacrifier son feuilleton pour assister en compagnie de Paumier, devant la télévision, au  démantèlement de la septième chaîne. Il devra se contenter du générique de fin qu'il commente avec son hôte... Tandis que le générique de l'épisode défile à l'écran ! Une véritable mise en abyme.