mercredi 1 juillet 2015

Temps mort.

Temps mort est une nouvelle de George Langelaan adaptée à la télévision française en 1968.

Qu'est-ce qu'un film sinon du temps qu'on a emprisonné ?
source photo : http://fantastique96.rssing.com/chan-6181223/all_p80.html
© INA

Langelaan est un romancier britannique. Il a été agent secret pour le compte des alliés pendant la dernière guerre. Son expérience l'inspire et il écrit des récits d'espionnage mais il touche aussi à la science-fiction. On lui doit La Mouche, l'histoire d'un malheureux savant expérimentant la téléportation qui échange sa tête avec celle d'une mouche ! La nouvelle a été portée deux fois à l'écran et même au théâtre sous la forme d'une comédie musicale mise en scène par David Cronenberg ! Langelaan se situe dans la mouvance du réalisme fantastique, un courant intellectuel inspiré par Jacques Bergier et Louis Pauwells autour de leur livre, Le Matin des Magiciens. Leur idée est qu'il n'y a pas de limite entre le réel et le fantastique, simplement des phénomènes que la science officielle nie car elle est encore incapable de les expliquer.

Dans le téléfilm Temps Mort, deux astronautes, Muller et Darnier, participent à une expérience consistant à les placer dans un temps ralenti afin de s'adapter aux conditions de voyage dans l'espace. Muller est ralenti le premier pour une durée de 48 heures puis ce sera le tour de Darnier, 24 heures plus tard, mais pour 24 heures seulement afin de resynchroniser simultanément les deux cobayes avec le temps externe. La première phase de l'opération semble se dérouler normalement lorsque Darnier est placé dans une cabine pour être plongé en catalepsie. Les chercheurs surveillent son biorythme à l'aide d'un ordinateur qui contrôle l'expérience. 

Mais tout semble se dérégler quand vient le moment de récupérer les deux astronautes : Darnier s'éveille dans un monde figé. Il sort de la cabine et constate que tous les chercheurs sont immobiles, comme gelés... Il commence à déambuler dans la base et ne rencontre que des individus paralysés. Plus aucun moyen de communication ne fonctionne. Il en conclut qu'il a réchappé à une sorte d'attaque éclair et qu'il est désormais le seul être vivant sur le site, voire sur Terre... jusqu'à ce que Muller apparaisse et le détrompe : il lui démontre alors qu'ils vivent tous les deux dans un temps accéléré et que la vie s'écoule normalement autour d'eux mais 5000 fois moins vite ! Ils sont désynchronisés par rapport au reste de monde et invisibles pour leurs compagnons car ils se déplacent trop vite ! S'ils peuvent s'alimenter, ils ne peuvent communiquer que par écrit afin de signaler la raison de leur disparition. Or lorsqu'une heure s'écoule pour le monde entier, c'est à dire le temps nécessaire à l'équipe technique pour reprogrammer l'ordinateur, six mois se déroulent pour les naufragés du temps ! Les deux hommes doivent donc s'adapter et vivre isolés pendant six mois ...

La mise en scène est sobre et efficace. Un grand soin a été apporté aux décors et, n'était le noir et blanc qui date l'œuvre, le téléfilm ne paraît pas avoirtellement vieilli. Le jeu des acteurs rend la situation crédible. Contrairement à la nouvelle, deux hommes sont piégés dans le temps et non un seul, ce qui permet de faire progresser le récit plus naturellement qu'avec un seul cobaye obligé de soliloquer pour faire partager ses idées au téléspectateur. 

Progressivement, on voit le moral de Muller se détériorer. L'action se déroule dans un huis-clos forcé (Muller évoque bien sa sortie en ville pour découvrir un monde figé  mais le téléspectateur n'en voit rien, ce qui renforce le sentiment de claustrophobie) et le piège temporel devient une métaphore de la solitude et de l'impossibilité de communiquer pour chacun d'entre-nous. La situation devient désespérante lorsque Muller montre à Darnier que, contrairement à ce qu'ils pensaient, leur rythme ne s'est pas stabilisé : il continue de s'accélérer et, par conséquent, la désynchronisation avec le reste du monde s'amplifie graduellement... Leur réclusion peut donc se prolonger indéfiniment...  

Comme dans le récit de Langelaan, l'issue sera dramatique.



Temps Mort, un téléfilm réalisé par Jean Jacques Lagrange d'après un roman de George Langelaan
1968 - 65 minutes - Noir & Blanc.

dimanche 28 juin 2015

En Mémoire du Chapeau Melon...


Comme je foire toutes les caricatures, je vais tenter le dessin...

NB : Mémoires d'un Chapeau Melon est le titre français des mémoires de Patrick Macnee.
Passionnante même si la place consacrée à la série télévisée est assez restreinte...
Et oui, sa vie ne se résumait pas à un feuilleton télé, aussi bon soit-il.

vendredi 26 juin 2015

Le Chapeau Melon tire sa révérence.



Dans les années 70, on avait une série télé complètement barrée qui passait à la télévision les après-midis : Chapeau Melon et Bottes de Cuir.
Elle mettait en scène un duo d'agents secrets, l'élégant John Steed et la redoutable Emma Peel.
Ensemble, ils affrontaient toutes sortes de menaces (savants fous, robots en habits de gangsters, espions soviétiques, réalisateurs homicides, maison meurtrière automatisée, super-héros qui marchent au plafond, sosies, plante extra-terrestre carnivore etc.) dans une Angleterre improbable avec ses scouts, ses bobbies, ses bus rouges à deux étages et où même les représentants des minorités ethniques étaient incarnées par des acteurs blancs !

Au départ, The Avengers (le titre original) était une série policière de facture classique jouée et réalisée en direct. Nous sommes en 1961. Le héros était un médecin justicier, le docteur Keel (!) à la recherche des assassins de sa fiancée. Il est secondé à l'occasion par un policier aux dialogues réduits du nom de John Steed, joué par Patrick Macnee. 
Si la série avait alors été diffusée chez nous, elle se serait appelé : Imper et chapeaux mous. 

Ian Hendry (Keel), tenté par les sirènes du cinéma  (on le verra notamment dans Capitaine Kronos, tueur de Vampires et The Internecine Project), abandonne la série au bout de la 1ère saison.
Steed devient la vedette et on lui adjoint une partenaire féminine qui pratique les arts martiaux, Catherine Gale (Honor Blackman qui apparaît ensuite aux côtés de Sean Connery dans Goldfinger et Shalako.)
D'abord présente de façon intermittente, elle devient la partenaire régulière de Steed dès la 3e saison. 
Un personnage féminin qui joue un rôle actif dans des récits qui flirtent avec l'espionnage...
La pop culture commence à pointer son nez !

A partir de la 4e saison, les scénarios s'orientent vers le fantastique et la science-fiction et adoptent un ton d'humour nonsensique  qui devient la marque de la série.
Steed est secondé par Emma Peel (Diana Rigg) et le duo restera emblématique...
La 5e saison est réalisée en couleurs mais Diana Rigg s'en va.

La 6e saison, avec Linda Thorson qui joue Tara King est la dernière. La série est exportée aux États-Unis mais ne séduit pas les téléspectateurs malgré de très bons épisodes. Les critiques envers la remplaçante de Diana Rigg sont très dures (et injustes.) The Avengers s'interrompt avec un ultime épisode qui expédie le duo d'agents secrets dans l'espace, à bord d'une fusée, sous le regard de Mère-Grand (Patrick Newell), le supérieur de Steed. 

Au milieu des années 70, Les Avengers reviennent.
Macnee commence à accuser son âge et il joue plutôt un rôle de mentor pour deux jeunes agents, le bouillant Gambit (Garret Hunt) et la blonde Purdey (Joanna Lumley).
La série porte l'empreinte des années 70, plus violente avec beaucoup plus de scènes en extérieur, sur le modèle d'autres séries comme MI5 (Les Professionnels) également scénarisée par Brian Clemens.
Il y aura deux nouvelles saisons avec d'excellents épisodes (Le Repaire de l'Aigle avec Peter Cushing, Le Baiser de Midas, Le Dernier des Cybernautes, l'étonnant Monstre des égouts...) et d'autres nettement moins réussis. La France et le Canada coproduisent l'ultime saison.
Rideau.
Steed ne réapparaîtra que dans une pub pour la montre Timex !

Patrick Macnee a néanmoins poursuivi sa carrière au théâtre, à la télévision, au cinéma. 
On le verra notamment dans un Sherlock Holmes avec Christopher Lee (qui, lui, est apparu a plusieurs reprises dans The Avengers, notamment dans l'épisode Interférence de la 5e saison), dans le téléfilm Le retour des Agents très Spéciaux où il reprend le rôle de Leo G. Caroll, le chef de l'U.N.C.L.E., et aux côtés de Roger Moore dans A View to a Kill (Dangereusement votre - pas très bon le titre français, le film non plus d'ailleurs.)...

Pour beaucoup de gamins qui ont grandi dans les années 70, Patrick Macnee restera toujours associé au rôle de John Steed, un héros plein de charme et d'humour qui savait se sortir des situations les plus périlleuses, flirter avec élégance et distinction avec sa partenaire et conquérir le cœur des téléspectateurs qui lui resteront fidèles à l'occasion des nombreuses rediffusions de la série au cours des années 80-90.
Avec lui, c'est encore un peu de notre enfance qui s'en va.

RIP monsieur Macnee.
Et merci pour tout.
On ne vous oubliera jamais. 

vendredi 19 juin 2015

Liberté d'expression bla bla bla

Le 11 juin 2015, François Corteggiani a été condamné par le tribunal correctionnel à 7500 euros d'amende pour une bande-dessinée qui n'était pas du goût du candidat FN (pardon, RBM) à la mairie de Carpentras 

http://www.streetpress.com/sujet/1434639791-bd-carpentras-fn-francois-corteggiani-herve-de-lepinau#


L'esprit du 11 juin n'est apparemment pas celui du 11 janvier.